Changeons notre regard face au VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et aux autres infections sexuellement transmissibles.
Changeons notre regard face au VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et aux autres infections sexuellement transmissibles.
Le VIH est un virus à ARN. Il fait partie de la famille des rétrovirus, caractérisés par la présence d’une enzyme, la transcriptase inverse, qui traduit leur génome ARN en ADN capable d’être intégré au génome de la cellule hôte. Il appartient au sous-groupe des lentivirus responsables de maladies à évolution très lente.
Le VIH est composé de trois parties :
Des nouvelles modalités de dépistage (TROD et autotests) sont aujourd’hui à la disposition des publics, en fonction de leurs profils. Se dépister, c’est se protéger et surtout protéger les autres. Mais pour renforcer la protection des personnes à risque face au VIH, une nouvelle offre de prévention, sous la forme d’un médicament (Truvada), est désormais disponible : la PrEP (Prophylaxie pré exposition).
L’objectif de ces mesures de prévention est d’avancer vers la fin de l’épidémie d’ici 2030.
Au niveau mondial, 36,9 millions de personnes vivent avec le VIH, mais seulement 21,7 millions bénéficient d’un traitement. En France, 172 700 personnes vivent avec le VIH dont 86% connaissent leur statut, 76% sont sous traitement et 74% ont une charge virale contrôlée. Chaque année, plus de 6000 personnes découvrent leur séropositivité. Ce chiffre est stable depuis 2011. Les régions les plus touchées sont : Île de France, région Centre-Val de Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur1.
Dans les Alpes-Maritimes, les premiers résultats épidémiologiques prouvent l’efficacité de la prévention combinée du TasP (Treatment As Prevention), de la PrEP et du dépistage, avec une diminution sensible des nouveaux cas de séropositivité chez les HSH.
La TasP concerne les personnes séropositives. Elle consiste en un traitement antirétroviral visant à négativer la charge virale dans le sang et dans les sécrétions. Une personne, avec une bonne compliance thérapeutique, présentant une charge virale encore indétectable6 mois après le premier résultat négatif, ne transmet plus le virus à un partenaire séronégatif.
La prise d’un traitement antirétroviral empêche une personne séronégative d’être contaminée. Le traitement doit être pris entre 4h et 48h au maximum après une situation de risque comme un accident d’exposition professionnelle ou un rapport non protégé avec un partenaire dont on ignore le statut sérologique. Le traitement est disponible dans tous les services d’urgence des hôpitaux et il est gratuit.
La PrEP est une méthode de prévention consistant à donner un médicament contre le VIH à une personne séronégative afin de réduire le risque de contamination par le VIH lors d’un rapport non protégé. La prise du médicament TRUVADA (Ténofovir disoproxil / emtricitabine), seul médicament autorisé en France et pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie. Il concerne uniquement le VIH et ne protège ni des autres IST (infections à chlamydia, gonococcie, syphilis, herpès) ni d’une grossesse. Il s’agit donc d’une aide complémentaire. En effet, la prise de ce médicament ne doit pas faire oublier l’usage du préservatif qui reste la meilleure façon de se protéger (et de protéger autrui) également des IST. Il est donc fortement conseillé en complément de la prophylaxie pré exposition.
Et bientôt, de nouveaux modes d’administration de la PrEP
Lors du dernier congrès de l’IAS (International Aids Society), des résultats préliminaires encourageants de somministration ont été exposés, notamment grâce à un implant sous-cutané et à un anneau vaginal. L’implant diffuse l’islatravir, un inhibiteur de translocation de la transcriptase inverse, pendant un an. L’anneau vaginal libère de la dapivirine.
Le dépistage de l’infection par VIH est primordial. En effet, un dépistage précoce permet un traitement d’autant plus efficace qu’il démarre tôt. L’espérance de vie se rapproche ainsi de celle de la population générale et le risque de transmettre le virus diminue de façon significative.
Plusieurs possibilités de dépistage s’offrent aux publics en fonction de leurs parcours de santé :
Au laboratoire :
Le laboratoire réalise le test Elisa de 4e génération détectant les anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2 ainsi que l’antigène P24, suivi, en cas de séropositivité, d’un western blot.
En cas de suspicion d’infection très récente de moins de 3 semaines, une recherche directe du virus est possible.
La détermination de la charge virale de base est un outil indispensable en cas de test positif confirmé. Elle sera ensuite régulièrement évaluée au cours du traitement, elle doit devenir indétectable si celui-ci est efficace.
Le test est remboursé à 100 % par l’Assurance Maladie s’il est réalisé en laboratoire sur prescription médicale. Il est gratuit dans les CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic).
Depuis janvier 2022, le dépistage du VIH est disponible sans frais et sans ordonnance dans tous les laboratoires de biologie médicale de France.
En CeGIDD et sur le terrain
Le TROD (Test rapide d’orientation diagnostique) VIH permet d’avoir un résultat en 30 minutes. Il est réalisé sur une goutte de sang prélevée au bout du doigt et détecte les anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2.
Le TROD VIH peut être proposé aux personnes éloignées du système de santé, dans certaines associations de lutte contre le VIH, habilitées par les ARS et dans les CeGIDD. Il est gratuit pour tous.
À la maison
L’ ADVIH, autotest de dépistage de l’infection par le VIH, est un TROD disponible en pharmacie à toute personne souhaitant se dépister seule à domicile. Le prélèvement et l’interprétation sont effectués par l’intéressé, qui peut bénéficier des conseils du pharmacien ayant reçu une formation adéquate. L’auto Test se réalise à partir d’une goutte de sang, mais n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie. Son coût varie entre 25 et 30 euros, selon l’officine. Les tests positifs doivent être confirmés par un test Elisa en laboratoire. Les tests négatifs doivent être répétés en fonction du délai entre la prise de risque et le test (fenêtre sérologique).
Bilan initial PrEP, puis à 1 mois, puis tous les 3 mois
si femme, réaliser en plus un dosage b-hCG
* Une vaccination contre les infections à VHB, VHA et HPV peut être proposée suivant le calendrier vaccinal.
Bilan JO
si femme, réaliser en plus un dosage b-hCG
Bilan rénal spécifique
